Administrateur réseau : pourquoi apprendre à programmer ?

En préparant le CCNA, je suis tombé sur une information qui a changé la vision que j’avais du métier d’administrateur systèmes et réseau.

En effet, une partie du programme est consacrée à l’automatisation.

Cela peut paraître un peu nébuleux lorsque l’on commence une reconversion dans l’informatique. À l’inverse, certains professionnels pourraient se dire que l’automatisation est quelque chose qu’ils connaissent déjà.

Mais en faisant mes recherches, je me suis rendu compte que le sujet allait bien au-delà de ce que j’avais l’habitude de faire.

Il n’est plus seulement question de quelques scripts PowerShell ou Batch permettant d’automatiser une tâche répétitive.

L’automatisation prend désormais une place beaucoup plus importante dans l’administration des systèmes et des réseaux.

Dans cet article, vous découvrirez ce qu’est réellement l’automatisation, comment elle fait évoluer le métier d’administrateur systèmes et réseau et pourquoi les compétences en programmation prennent progressivement une place importante dans ce métier.

L’administrateur systèmes et réseau a notamment pour mission de déployer et de maintenir en condition opérationnelle le système d’information : les serveurs, les postes des utilisateurs, le réseau, les comptes, les droits d’accès, etc.

Et toutes ces tâches peuvent rapidement prendre beaucoup de temps.

Il faut configurer les serveurs, créer les comptes des nouveaux collaborateurs, attribuer les droits, modifier les configurations réseau, effectuer des mises à jour ou encore surveiller le bon fonctionnement de l’infrastructure.

Pour réaliser ces tâches, deux possibilités existent.

Faire tout manuellement

La première consiste à tout faire manuellement.

L’administrateur effectue les configurations une par une et gère les accès au cas par cas.

Cela peut fonctionner dans une petite entreprise avec quelques serveurs et une dizaine de postes.

Mais imaginons maintenant une entreprise de 500 salariés avec une cinquantaine de serveurs.

Créer manuellement les comptes, configurer les accès ou effectuer certaines opérations répétitives sur l’ensemble de l’infrastructure peut rapidement devenir très chronophage.

Et plus l’entreprise grandit, plus le nombre de tâches à réaliser augmente.

C’est justement là qu’intervient l’automatisation.

Automatiser les tâches répétitives

L’automatisation consiste à utiliser des programmes ou des outils afin de définir à l’avance une série d’instructions qui pourront ensuite être exécutées automatiquement.

Cela peut par exemple passer par PowerShell, Python, Ansible ou encore des API.

Prenons un exemple simple.

Une entreprise doit créer 50 nouveaux utilisateurs dans son annuaire.

Plutôt que de créer les comptes un par un, l’administrateur peut utiliser un script PowerShell pour récupérer la liste des utilisateurs, créer automatiquement leurs comptes et leur attribuer les droits nécessaires.

Une tâche qui aurait demandé de nombreuses manipulations peut alors être réalisée beaucoup plus rapidement.

Mais le véritable intérêt de l’automatisation ne se limite pas au gain de temps.

Elle permet également de réduire les erreurs humaines et de reproduire une configuration de manière identique sur plusieurs systèmes.

Et c’est justement cette capacité à reproduire automatiquement des opérations qui va prendre de plus en plus d’importance dans les infrastructures modernes.

Jusqu’à récemment, lorsqu’on parlait d’automatisation dans l’administration systèmes et réseau, on pouvait facilement penser à des outils comme PowerShell ou les scripts Batch.

Ces outils restent évidemment très utiles.

Mais les infrastructures informatiques ont profondément évolué ces dernières années.

L’arrivée massive du cloud, de la virtualisation et des API a notamment changé la manière dont les différents services informatiques peuvent communiquer entre eux.

Cela a également fait évoluer l’automatisation.

Du script local à l’interconnexion des services

Dans une infrastructure traditionnelle, un script pouvait être utilisé pour automatiser des tâches sur les systèmes présents dans l’entreprise.

Par exemple, un script PowerShell pouvait modifier la configuration d’un serveur Windows ou créer des comptes dans Active Directory.

Mais les infrastructures modernes sont beaucoup plus hétérogènes.

Une entreprise peut aujourd’hui utiliser simultanément des serveurs locaux, Microsoft 365, Azure, des équipements réseau Cisco, des solutions de sécurité, des services SaaS ou encore des infrastructures hébergées dans différents clouds.

Ces différents services doivent pouvoir communiquer entre eux.

Et c’est notamment grâce aux API que cela devient possible.

Par exemple, un programme peut envoyer une requête à une API afin de récupérer des informations, créer un utilisateur ou modifier une configuration.

L’automatisation ne consiste donc plus seulement à exécuter un script sur un ordinateur.

Elle peut désormais permettre d’orchestrer des opérations entre plusieurs systèmes complètement différents.

Le code, nouvel allié de l’administrateur

Cette évolution entraîne une autre conséquence : l’administrateur systèmes et réseau doit progressivement comprendre les bases de la programmation.

Il ne s’agit pas forcément de devenir développeur et de passer ses journées à écrire des applications.

L’objectif est plutôt de comprendre suffisamment la programmation pour pouvoir automatiser, interroger et faire communiquer différents systèmes.

C’est une évolution importante du métier.

Un administrateur réseau ne doit plus seulement savoir configurer un routeur, un switch ou un firewall.

Il doit également être capable de comprendre comment automatiser certaines opérations, utiliser une API, manipuler des données et, dans certains cas, écrire le code nécessaire pour réaliser ces opérations.

Le métier d’administrateur systèmes et réseau évolue donc progressivement d’un métier où l’on configure les équipements manuellement vers un métier où l’on doit également savoir automatiser et orchestrer l’infrastructure.

Et c’est probablement l’un des changements les plus importants à prendre en compte lorsqu’on souhaite évoluer dans ce domaine.

Comme on l’a vu, les infrastructures informatiques deviennent de plus en plus hybrides.

Une partie des services reste hébergée dans l’entreprise tandis que d’autres sont désormais dans le cloud. Et cette tendance devrait continuer à se développer dans les prochaines années.

Il faut donc éviter de se reposer uniquement sur ses acquis et de penser que le métier d’administrateur systèmes et réseau consistera toujours à configurer des équipements ligne par ligne.

Pour vérifier si cette évolution se retrouve réellement dans les entreprises, j’ai également fait des recherches sur les offres d’emploi.

Et le constat est assez clair : l’automatisation fait désormais partie des compétences recherchées pour les métiers de l’administration systèmes et réseau.

Elle n’est d’ailleurs pas toujours mentionnée explicitement dans les offres.

Mais derrière des compétences comme l’administration d’environnements complexes, le déploiement d’infrastructures ou la gestion de nombreux équipements, on retrouve de plus en plus la nécessité de savoir automatiser certaines tâches.

Une autre compétence revient également de plus en plus : la programmation.

Des technologies comme Python ou Ansible sont notamment utilisées pour automatiser et orchestrer les infrastructures.

Il ne s’agit évidemment pas de transformer les administrateurs systèmes et réseau en développeurs.

Mais les deux métiers se rapprochent sur certains aspects.

La programmation n’est donc plus uniquement un outil destiné aux développeurs.

Elle peut également devenir l’un des meilleurs alliés de l’administrateur systèmes et réseau.

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’automatisation dans le cadre du CCNA, j’ai découvert une nouvelle facette de mon métier.

L’automatisation accompagne l’évolution des infrastructures informatiques : développement du cloud, multiplication des services, virtualisation, utilisation des API et infrastructures de plus en plus complexes.

Et forcément, le métier d’administrateur systèmes et réseau évolue lui aussi.

Il ne s’agit pas de remplacer les compétences techniques traditionnelles.

Savoir configurer un réseau, administrer des serveurs, comprendre les protocoles ou sécuriser une infrastructure reste essentiel.

Mais à ces compétences viennent désormais s’ajouter de nouvelles connaissances : Python, PowerShell, Ansible, les API et, plus largement, les bases de la programmation.

Pour moi, c’est finalement ce que je retiens de cette découverte : l’administrateur systèmes et réseau de demain ne sera probablement pas uniquement celui qui sait configurer une infrastructure, mais aussi celui qui sait la faire évoluer et automatiser.

Et dans ce contexte, apprendre à programmer ne signifie pas forcément changer de métier.

Cela signifie qu’il faut toujours continuer à se former pour rester dans la course (et ne pas être remplacé par l’IA 😉 )

Et vous, vous êtes vous mis à la programmation ? Dites le moi en commentaires 🙂

Si cet article vous a plu, vous êtes libres de le partager ! :)

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